Le meilleur setup n'est peut-être pas celui que vous croyez
On parle souvent du meilleur synthétiseur, du meilleur séquenceur ou de la meilleure interface audio. Les discussions tournent autour de la qualité sonore, des fonctionnalités ou des performances.
Pourtant, on oublie souvent un facteur essentiel : la facilité avec laquelle on peut commencer à jouer et à enregistrer.
Pendant longtemps, je perdais quelques minutes à brancher des alimentations, vérifier les câbles, allumer chaque appareil… Rien de dramatique en soi, mais suffisamment pour que l'envie de jouer s'émousse parfois avant même la première note.
J'ai donc décidé de simplifier radicalement mon setup.
Le premier changement a été l'installation d'une tour d'alimentation équipée de huit prises secteur et de quatre prises USB. Toutes mes alimentations restent branchées en permanence. Un seul câble relie désormais l'ensemble au secteur et un unique bouton suffit à mettre tout le setup sous tension.
Le deuxième changement a été l'arrivée d'une Zoom LiveTrak L6 Max. Elle est rapidement devenue le centre de mon installation.
En quelques secondes, je peux commencer à enregistrer jusqu'à quatre pistes mono et quatre pistes stéréo, sans ordinateur, sans logiciel et sans attendre le démarrage d'un DAW.
Cette simplicité change beaucoup de choses.
Si une idée musicale me vient, je peux commencer à jouer presque immédiatement. Et si une improvisation mérite d'être conservée, il me suffit d'appuyer sur REC. Aucune préparation, aucun paramétrage complexe : je sais que tout sera enregistré.
Au fil du temps, je me suis rendu compte qu'un bon setup n'est pas forcément celui qui possède le plus de fonctionnalités.
C'est celui qui enlève le plus d'obstacles entre l'idée et la musique.
Aujourd'hui, on parle beaucoup de workflow. Personnellement, je préfère parler de friction.
Chaque câble en moins.
Chaque manipulation supprimée.
Chaque étape automatisée.
Tout cela augmente les chances de faire réellement de la musique.
À l'inverse, un studio extraordinaire qui demande plusieurs minutes de préparation risque de rester éteint plus souvent qu'un setup beaucoup plus simple, mais immédiatement opérationnel.
Cette réflexion m'a conduit à un autre changement : j'ai installé ce mini setup sur ma table basse de salon.
Depuis, il fait partie de mon quotidien. Je peux jouer quelques minutes en buvant un café le matin, improviser en rentrant du travail ou enregistrer une idée avant de regarder un film. Si l'inspiration est là, tout est prêt. Si elle ne vient pas, je passe simplement à autre chose, sans avoir le sentiment d'avoir perdu du temps à installer mon matériel.
En y réfléchissant, je retrouve exactement ce que vivent les guitaristes depuis toujours.
Une guitare posée sur un support dans le salon invite naturellement à être prise en main. On joue cinq minutes, puis on la repose. Personne ne se demande si cela valait la peine de la sortir.
Pourquoi nos home studios devraient-ils être différents ?
Au fond, mon objectif n'est plus de construire le studio parfait.
Je préfère construire un environnement qui me donne envie de faire de la musique chaque fois qu'une idée surgit.
Car le meilleur setup n'est peut-être pas celui qui sonne le mieux.
C'est peut-être simplement celui que l'on a envie d'allumer.
Mon conseil
Moins il y a de friction entre une idée et le bouton REC, plus il y a de chances que cette idée devienne un morceau.
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