Faut-il acheter des synthétiseurs à pas cher ? Quels sont les risques ?
Après plusieurs années passées à acheter, tester, revendre et parfois collectionner des synthétiseurs, qu'ils soient récents, vintage, neufs ou d'occasion, je peux dire une chose :
La réponse n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire.
J'ai parfois été déçu par des synthés coûteux
Nous avons tous tendance à penser qu'un instrument cher sera forcément meilleur.
Mon expérience m'a montré que ce n'est pas toujours le cas.
J'ai par exemple acheté un synthétiseur neuf d'une célèbre marque nordique qui affectionne particulièrement la couleur rouge.
Sur le papier, il était extrêmement prometteur.
Les tests étaient excellents, les fonctionnalités nombreuses et sa réputation bien établie.
Pourtant, malgré toutes ses qualités, je ne me suis jamais vraiment retrouvé dans sa palette sonore.
Quelques mois plus tard, je l'ai revendu.
Comme quoi, le prix n'achète pas forcément l'inspiration.
Les synthés à petit prix ont aussi leurs qualités
À l'inverse, certains petits synthés m'ont procuré beaucoup de plaisir.
Je pense notamment à la série Volca.
Pour leur tarif, ces machines sont remarquables.
Elles permettent d'apprendre, d'expérimenter et de découvrir différents types de synthèse sans se ruiner.
Le problème est qu'avec le temps, elles finissent souvent sur une étagère.
Non pas parce qu'elles sont mauvaises, mais parce qu'on atteint leurs limites ou qu'on cherche quelque chose de plus expressif.
Le piège des instruments néo-rétro
J'ai également possédé des synthétiseurs d'une marque allemande connue pour recréer des instruments vintage à prix défiant toute concurrence.
Sur le plan sonore, ces machines font souvent le job et peuvent même être très convaincantes.
Mais dans mon expérience, j’ai parfois ressenti un décalage entre le son et le reste de l’instrument.
Les timbres peuvent être intéressants, proches de certaines références historiques, mais le ressenti global dépend aussi énormément de l’interface physique.
Le toucher, les potentiomètres, la sensation des matériaux… tout cela joue un rôle important dans le plaisir de jouer.
Et sur certains modèles, malgré leurs qualités sonores, je n’ai pas toujours retrouvé cette “connexion” avec l’instrument.
Le plaisir ne vient pas uniquement du son
En tant que musicien, nous entretenons une relation physique avec nos instruments.
Nous touchons les touches.
Nous tournons les potentiomètres.
Nous passons parfois des heures devant la même machine.
Le plaisir ne vient donc pas uniquement de la qualité sonore.
Il vient aussi du contact avec l’instrument.
Au fil du temps, je me suis aperçu que les synthétiseurs construits avec des matériaux plus légers ou des finitions plus économiques restaient rarement longtemps dans mon studio.
Même lorsqu'ils sonnaient correctement.
L'occasion : la meilleure école
S'il y a une chose que je recommande aux débutants, c'est le marché de l'occasion.
C'est probablement la meilleure façon de découvrir ses goûts.
On peut acheter un instrument, le tester plusieurs mois, puis le revendre si l'on n'accroche pas.
Dans bien des cas, la perte financière est faible, voire inexistante.
Cette approche permet d'apprendre ce que l'on aime réellement avant d'investir davantage.
Mon conseil
Commencez avec des synthétiseurs raisonnablement abordables.
Ne vous ruinez pas pour votre premier instrument.
Mais gardez à l'esprit qu'avec le temps, vous aurez probablement envie d'aller vers des machines plus abouties, mieux construites ou plus inspirantes.
Essayez donc de conserver une partie de votre budget pour un achat de qualité lorsque vous aurez identifié ce qui vous correspond vraiment.
Et si vous craquez de temps en temps pour un petit synthé low-cost...
Rassurez-vous, vous êtes loin d'être le seul.
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